Il est celui qui aura donné au « wax waxeet » ses lettres de noblesse. Un an après son élection, en 2001, Abdoulaye Wade introduisait dans la Constitution, par référendum, la réduction du septennat au quinquennat et, surtout, la limitation à deux mandats présidentiels consécutifs. En 2008, il faisait réintroduire le septennat par le Parlement, tout en maintenant la limitation du nombre de mandats consécutifs. Mais l’année suivante, il annonçait sa candidature à un troisième mandat, prétextant que la modification constitutionnelle aurait remis les compteurs à zéro, et que son second mandat était en fait le premier.

Face à la levée de boucliers, le roué président s’en sortit par cette saillie : « Ma waxoon, waxeet! » [Je l’ai dit, je me dédis!] Malgré l’imprimatur du Conseil constitutionnel, la campagne de 2012 se cristallisera sur la parole trahie du président sortant. Face à une coalition informelle réunissant la société civile et les candidats malheureux du premier tour, ce dernier s’inclinera dans les urnes le 25 mars 2012.